© David Gahr—Getty Images

Mardi 25 août 2026 - 20h38

Nous venons de l'apprendre : Dolly Parton, la Reine incontestée de la Country Music est décédée à Nashville à 80 ans des suites d'un cancer !

Elle était, depuis longtemps déjà, la personnalité préférée des américains, TOUTES GENERATIONS CONFONDUES !

Mais pour tous ses fans, à l'instar de Willie Nelson, bien plus qu'une chanteuse : une LEGENDE de la musique américaine. Grace à elle et à son intelligence, de nombreuses portes se sont ouvertes pour les femmes dans le milieu, il est vrai assez machiste, de la Country.

Avec plus de 3.000 chansons au compteur, 65 albums (100 millions vendus dans le monde !) ; elle était aussi, entre beaucoup d'autres aspects de son attachante personnalité, une femme d'affaire avisée et une entrepreneuse de génie (son parc de loisirs DollyLand de Pigeon Forge, TN).

Pour tous les fans du monde (une moyenne fin août 2026 de plus de 18 millions d'auditeurs mensuels sur Spotify !) ; elle restera l'auteure d'une des rares chansons les plus connues au monde : ''I will Always Love You'' (près de 992 millions d'écoutes sur Spotify) et, à jamais, l'immortelle interprète et auteure de  ''Jolene'' (bientôt 956 millions d'écoutes sur Spotify).

Vendredi 28 septembre 2026

Depuis la date de son décès il y a quatre jours, le nombre de fans à écouter mensuellement Dolly Parton a augmenté de... 6 millions !

Pour ma part, j'ai un peu honte aujourd'hui qu'en 105 numéros du magazine publiés je ne lui ait consacré qu'une seule Une (lors de la sortie en mars/avril 2022) de notre numéro 82.

Aller, une fois n'est pas coutume, le magazine étant de toutes façon mort aujourd'hui ; je vous invite à lire celui dans lequel figurait un article de deux pages sur Dolly Parton.

Vous pouvez le lire directement via le site ou, plus pratique, le télécharger (au format .pdf)  pour le lire ''plein-écran'' et cliquant en haut à droite de l'image de sa Une.

Bonne lecture !

Une brillante analyse* de la situation de la Country en France que je vous invite à déguster !

* : par Jean Avril de Sunset Highway

Chaque jeudi de 21h à 22h, Jean vous embarque pour une heure  de voyage avec Sunset Highway, un road trip musical aux accents américains. De la country à l’americana, en passant par le blues et le southern rock, laissez-vous transporter par une sélection authentique et immersive. Un voyage sonore à retrouver sur DIG RADIO et en podcast.

Sunset Highway... Une radio à écouter sans modération !!!

AIMEZ LA COUNTRY VIVANTE

Il aura fallu attendre sa mort pour que la France redécouvre Dolly Parton.

Depuis quelques jours, les hommages pleuvent. Les journaux, les chaînes de télévision rivalisent de portraits, de superlatifs et de nécrologies. Dolly est devenue une icône, une légende, une femme exceptionnelle, une artiste immense, une philanthrope admirable.

Tout cela est vrai.

Mais une question mérite d’être posée : pourquoi maintenant ?

Pourquoi faut-il attendre la disparition d’une immense artiste country pour que les médias français consacrent enfin autant de place à la musique qu’elle a représentée pendant près de soixante ans ?

Avec Johnny Cash, nous avions déjà connu ce phénomène.

DOLLY, LA « BIMBO » AVANT D’ÊTRE L’ARTISTE

ll faut se souvenir de la manière dont Dolly Parton a longtemps été présentée en France.

Avant d’être considérée comme une immense auteure-compositrice, une chanteuse exceptionnelle et une femme d’affaires particulièrement intelligente, elle fut souvent réduite à son physique.

La blonde aux gros seins. La poitrine spectaculaire. Les perruques. Les talons. Les paillettes. L’accent du Tennessee. La petite femme plantureuse venue de l’Amérique rurale, profonde.

Une « bimbo », parfois.

Même la fameuse brebis clonée Dolly (1996) porte son nom en référence à Dolly Parton : la cellule adulte utilisée pour le clonage provenait d’une glande mammaire. Le clin d’œil des scientifiques était donc volontairement lié à l’image physique de la chanteuse. Et pourtant…

UNE « FILLE À PAPA » ? EXACTEMENT L’INVERSE

Dolly Parton n’est pas née dans le bon milieu.Elle n’est pas sortie d’une grande école.Elle n’est pas la fille d’un producteur.Pas de réseau mondain.

Elle est née dans une famille extrêmement pauvre, dans les Great Smoky Mountains du Tennessee. Son père, Robert Lee Parton, travaillait notamment comme métayer et ne savait ni lire ni écrire.

Douze enfants, une petite maison simple,Et une gamine qui écrit des chansons.

Cette histoire devrait pourtant nous interpeller particulièrement en Europe, où nous aimons beaucoup parler de réussite sociale, de culture et d’égalité des chances.

Mais il faut reconnaître que parler de pauvreté reste étrangement inconfortable.

Dolly, elle, n’en a jamais fait un argument pour réclamer une médaille.

Elle en a fait une force.

Elle a transformé son enfance en chansons.Et elle a transformé les difficultés de son père avec la lecture en une immense entreprise destinée à donner des livres aux enfants.

LES ACTES PLUTÔT QUE LES POSTURES

C’est probablement ce qui fascine le plus chez Dolly Parton.

Elle n’a jamais eu besoin de transformer chacune de ses convictions en grande déclaration politique.

Elle n’a jamais demandé à son public de penser comme elle.

Et pourtant, elle a agi.Elle a donné de son argent.Elle a donné de son temps.Elle a créé des emplois.Elle a financé des programmes éducatifs.Elle a distribué des livres gratuitement à des millions d’enfants grâce à son programme Imagination Library.

Elle a aidé sa région natale.

Elle a soutenu des familles après des catastrophes naturelles.

Autrement dit : pendant que certains passent leur vie à expliquer au monde ce qu’il devrait penser, Dolly a passé une partie de la sienne à faire.

Et c’est peut-être cela qui dérange notre époque.

Et elle a bâti l’une des carrières les plus impressionnantes de la musique populaire.

NE FAISONS PAS DE DOLLY UNE ICÔNE D’UN CAMP

Depuis sa disparition, certains commentaires semblent vouloir récupérer Dolly Parton pour leur propre camp.

Se l’approprier ? c’est tentant.

Parce que Dolly a toujours défendu la tolérance, l’ouverture et la liberté individuelle. Parce qu’elle a refusé certaines formes de discrimination.

Dolly disait elle-même : « I don’t do politics », expliquant qu’elle avait des fans des deux côtés et refusait d’en faire une guerre de camps.

Mais pourquoi faudrait-il automatiquement transformer cela en appartenance politique ?

Dolly a toujours été beaucoup plus compliquée qu’une étiquette.

Elle a travaillé avec tout le monde.Elle a chanté avec tout le monde.Elle a conservé un public extrêmement large.

Et surtout, elle a toujours refusé de devenir une artiste militante au sens traditionnel du terme.

Dolly a choisi une autre voie.Elle a préféré sourire, faire rire, chanter, travailler et aider. Avec cet humour et cette autodérision qui lui permettaient de jouer avec son image sans jamais en être prisonnière.

Elle n’avait pas besoin d’être clivante pour être engagée.

ET SA MUSIQUE, DANS TOUT ÇA ?

C’est peut-être là que le bilan des médias culturels français est le plus cruel.

Car combien de Français savent que l’un des plus grands succès de Whitney Houston est à l’origine… une chanson de Dolly Parton ?

Dolly l’enregistre en 1974. Whitney en fait, en 1992, un monument mondial. Tout le monde connaît Whitney.

Mais combien connaissent l’auteure ?

Alors je pose encore une question :

si après plus de trente ans tant de Français ignorent encore cette histoire, est-ce vraiment la country qui est restée dans l’ombre… ou est-ce que les médias culturels n’ont simplement pas assez raconté cette musique ?

Et ce n’est pas un détail.

Quand un artiste country écrit une chanson devenue un monument mondial de la pop, ce n’est pas seulement une anecdote.

C’est la preuve que la country appartient depuis longtemps à notre culture musicale mondiale.

C’est une partie essentielle de l’histoire de la musique populaire.

Et Dolly ne s’est évidemment pas contentée d’écrire pour elle : son catalogue compte plusieurs milliers de chansons, dont certaines écrites ou enregistrées par d’autres artistes.

Encore faudrait-il que quelqu’un prenne le temps de le raconter.

LA COUNTRY, CE VIEUX PARENT PAUVRE

C’est ici que le décès de Dolly devrait surtout nous interroger.

Pourquoi les médias français parlent-ils si peu de country lorsque ses artistes sont vivants ?

Pourquoi faut-il attendre les disparitions pour ressortir Johnny Cash, Dolly Parton ou d’autres grandes figures ?

Pourquoi la country reste-t-elle si souvent enfermée dans les clichés ?

La réalité musicale de la country contemporaine est infiniment plus vaste.Du country-rock à l’Americana.Du bluegrass au Southern rock.

Des artistes féminines extraordinaires.Des auteurs-compositeurs parmi les plus brillants de la musique américaine.

Des musiciens qui jouent encore avec une exigence technique et une culture musicale impressionnantes.

Mais pour le savoir, il faut écouter.Et surtout, il faut en parler.

LE PARADOXE FRANÇAIS

Il y a quelque chose de profondément paradoxal dans notre manière de fabriquer les célébrités.

Nous pouvons mettre énormément d’énergie médiatique sur des artistes dont la performance vocale ou musicale repose parfois largement sur la technologie (Auto-Tune …) et dont les textes peuvent parfois se réduire à un langage volontairement pauvre, répétitif ou vulgaire, tout en considérant encore certains artistes country comme des curiosités venues d’un autre monde.

On peut être pauvre et avoir un vocabulaire riche.

On peut venir de nulle part et avoir quelque chose de profond à dire. Dolly l’a prouvé.

Dolly Parton, elle, écrivait.Elle composait.Elle chantait.Elle jouait.Elle produisait.Elle créait des entreprises.Elle employait des gens.

Elle investissait dans sa région.

Elle aidait les enfants à apprendre à lire.

Et elle faisait tout cela avec ce sourire qui pourrait facilement faire croire qu’elle ne prenait rien au sérieux.

C’était précisément l’une de ses grandes forces.

Ne jamais confondre douceur et faiblesse.

ET SI ON ARRÊTAIT D’ATTENDRE LES CERCUEILS ?

C’est finalement cela qui me gêne dans cette avalanche d’hommages.

Pas qu’on célèbre Dolly Parton.Au contraire.

Elle mérite probablement chacun de ces articles.Mais elle les méritait aussi il y a dix ans. Il y a vingt ans. Il y a trente ans.

Elle méritait que l’on raconte ses chansons.

Ses auteurs.Ses musiciens.Son histoire.Son influence.

Son héritage.

Et elle n’est évidemment pas la seule.

Johnny Cash a connu, lui aussi, une reconnaissance française particulièrement tardive.

Après sa mort, on a redécouvert le génie.

On a redécouvert l’homme.On a redécouvert la musique.

Comme si le fait de disparaître donnait soudain aux artistes country un certificat de respectabilité culturelle.

Alors non.

Elle ne doit même pas devenir une icône simplement parce qu’elle est morte.

Elle doit rester Dolly Parton.

Une femme partie de rien.Une auteure-compositrice immense.Une artiste country.

Une femme d’affaires.Une philanthrope.

Une personnalité capable de rassembler des gens qui, sur beaucoup de sujets, ne pensent absolument pas pareil.

Et peut-être que son véritable héritage se trouve là.

Dans une époque où tout semble devoir opposer les gens, Dolly avait compris quelque chose de très simple :

On peut avoir des convictions sans transformer chaque conversation en combat.

Alors oui, rendons-lui hommage.

Mais surtout, écoutons-la.

Et écoutons celles et ceux qui continuent aujourd’hui à écrire, jouer et chanter cette musique qu’elle a contribué à rendre immortelle.

AIMEZ LA COUNTRY-MUSIC VIVANTE.

Pas seulement lorsque ses légendes disparaissent.

Maintenant.

J.A Sunset Highway-Jean Avril

Dimanche 30 Août 2026

Bien que (pour le moment ?) je sois foncièrement un ''ANTI-IA'' ; je suis tombé par hasard, aujourd'hui-même, sur une chaine YouTube intitulée ''Country Jukebox'' et, une fois encore, je suis scotché par la qualité des enregistrements... De la beauté de la voix aux arrangements musicaux. Je vous avoue que je ne comprends pas le pourquoi de la création d'une telle chaine YouTube (outre, bien sur, les revenus publicitaires qui y fleurissent et entrecoupent sans vergogne les morceaux. mais peut-être n'est-)ce finalement que la seule fi alité !?!).

SEUL POINT POSITIF : que YouTube est tout de même l'honnêteté de l'estampiller IA en haut à gauche du lecteur audio.